25 novembre 2009
Bien le bonjour !
Depuis hier, la technologie est revenue pointer le bout de son nez dans mon logis de rechange. Traduisez : j'ai retrouvé une connexion à Internet. C'est pas non plus une grande nouvelle, mais bon, c'est un petit plus, et en ce moment, on apprécie les bonnes nouvelles, si dérisoires soient-elles.
Les mauvaises n'ont pas manqué : être sinistré, même quand on est, ou qu'on croit être bien assuré, c'est la promesse tenue et soulignée à gros traits rouges d'un véritable parcours du combattant. Avec Valérie, nous devenons des gladiateurs du sinistre ! C'est un combat de longue haleine, épuisant au quotidien, déprimant souvent, abrutissant à la longue, mais il faut tenir, rentrer dans le tas, démarcher, appeler, aller dans les bureaux, y retourner, rappeler, rappeler encore, gueuler sur les uns, menacer les autres, tenter d'obtenir un semblant d'information cohérente ici, essayer de ne pas se faire arnaquer là... et patati et patata...
Entre ces rounds où ça cogne, la maison. L'aliment permanent de notre déprime. Chaque fois que nous y allons, c'est un coup. Les "nettoyeurs" ont arraché toutes les tapisseries, les sols aussi, démonté les placards, tout vidé, déblayé, ratissé... Ils ont emporté nos livres, pour une tentative de récupération, comme c'est peut-être ce qui nous est le plus précieux dans nos biens, et comme ils sont bien conscients de cet attachement profond, ils ont pris mille et une précautions pour nous épargner un peu, comme entasser nos chers bouquins dans... des sacs poubelles... Ah bin oui, mais ils n'avaient plus de cartons, les pauv'... Je ne vous raconte pas la gueulante que j'ai poussée. Il y avait une éternité que je ne m'étais pas foutu dans un pétard pareil... Enfin, détail parmi tant d'autres... Je vous fais grâce de la liste complète, qui vous ennuyerait sans doute... Pour nous, elle ne nous ennuie pas, elle nous révolte ou nous assomme, tour à tour, nous hérisse ou nous déprime, nous remet la rage au coeur pour nous battre ou nous effondre à force de prendre des coups... Il y a aussi la grande benne à ordure déposée dans le jardin, où s'empilent canapés, matelas, meubles, fringues, jouets... Toutes sortes de choses... Et puis encore cette odeur tenace qui prend au nez chaque fois qu'on entre dans la maison... Et c'est déjà devenu comme un rituel : quand nous allons sur place, notre état et l'état de la maison, c'est un peu la même chose : on se ressemble, on s'est fait bien cramé au passage, ça continue de remuer méchamment.
Ecrire, ça devient difficile. Je tournerais en rond sur cette catastrophe, dont l'esprit éprouve toutes les peines du monde à s'échapper. Déjà, je vous laisse juge de l'intérêt de ce que je viens d'écrire. Mais bon, comment vous dire que je n'arrive pas à me poser deux minutes dans la journée ? Je suis pourtant en arrêt maladie depuis le début de la semaine : trop crevé, trop la crève aussi, et ça ne se remet pas. Se reposer, il ne faut pas y compter : il y a trop à faire, trop urgent, tout dans l'immédiat... On abat un boulot énorme, on fait bouger des montagnes tous les jours. Le soir, on rentre, c'est fini : on a grillé tout ce qu'il pouvait y avoir d'énergie en nous. A peine si on allume la télé. Je ne sais même plus ouvrir un livre et me plonger dedans : je lis une page et je ne sais même pas ce que j'ai lu.
Quand même, je voulais vous laisser quelque chose, un mot, quelques mots, vous dire que ça rame sévèrement en ce moment. M'excuser aussi de ne pas vous répondre, de ne pas vous rendre visite. Mais je ne peux pas, pas en ce moment. Et quant à écrire, ce n'est pas possible non plus pour le moment. Il faut que la tempête se calme, il faut que les choses se mettent en marche suffisamment bien pour que nous commencions à nous rassurer, et à croire que ça va s'arranger. Là, nous nous le répétons, nous n'arrêtons pas, Valérie et moi, l'un à l'autre. Quand on nous en parle, on le répète tout pareil : ça va aller, ça va s'arranger, ça ira mieux, ça va déjà mieux, et puis on a eu de la chance, et puis ça aurait pu être pire, et puis, et puis... En attendant, c'est pas la gloire, pas la forme, rien.
Je reviendrai. Je vous ferai signe. Je viendrai vous rendre visite chez vous. Je ne vous oublie pas d'ailleurs. Mais là, j'ai la tête à l'envers et le coeur pas loin. Faut que je recommence à respirer un air respirable. Et ça va venir, mais faut le temps...
Merci d'être passés, tous, si nombreux, d'avoir laissé un mot, ça m'a fait du bien, quand je pouvais, de trouver quelques messages amicaux à lire. Je ne peux pas vous dire quand, mais je reviendrai, dans quelques jours, quelques semaines peut-être. Là, j'ai la plume et le poil brûlés, faut que ça guérisse un peu, faut que les choses se guérissent un peu, et nous avec. Après, je reviendrai...
A bientôt, donc...
12 novembre 2009
De retour
Une moto dans le décor
et une maison dans les cendres,
ça fait quelques tourments,
de quoi ramer sur la galère !
Mais puisque personne n'est mort,
la peau du loup n'est pas à vendre !
On reprend doucement
appui sur notre pied de guerre !
* * * * * * * *
Merci à tous pour vos messages. Je n'en prends connaissance que ce matin, mais ils ne m'en font pas moins plaisir !
Nous sommes désormais relogés, équipés du nécessaire, à l'abri et au chaud.
Les travaux de réparation dans la maison ont déjà commencé, qui dureront environ six mois.
Nous sommes vivants, en bonne santé, un peu remués, mais nous nous remettons.
Merci encore pour tous vos messages de soutien ici, pour les mails que j'ai reçus aussi, pour les coups de fil...
24 octobre 2009
Reniement
La langue de l'oubli
qui lèche nos paroles,
nos yeux,
et lèche encore, que s'efface
tout l'amour qu'on a dit.
Est-ce qu'il nous console ?
Au mieux,
ce n'est que regret à la place...
* * * * * * * *
Absent pour quelques jours... Retour début novembre...
Portez-vous bien !
23 octobre 2009
Pas le pied
Reste plus rien dans nos godasses,
d'avoir tant marché à côté,
et de quoi qu'on semelle,
ça vire en basse quête...
Sans doute qu'à force, on se lace,
que, même pris au débotté,
la pantoufle est trop belle :
on s'y embabouche la tête !
22 octobre 2009
Fuyant
S'en aller en pointe de pieds,
de crainte que ne se mutinent
nos désirs avariés.
Et au temps pour la fin heureuse...
Suivre la ligne des trottoirs,
où nos silhouettes déclinent,
à ne laisser rien voir
que places vides d'heures creuses...
21 octobre 2009
N'être
C'est pas grand' chose, un être,
un homme par lui seul, un soi-même pour soi,
sa liberté, c'est que du vide,
ça suffit pas !
On n'est pas seul pour naître,
on pleure et on nichonne, et c'est la vie qu'on boit !
De l'autre, un essentiel nous guide,
depuis les premiers pas...
20 octobre 2009
Peut-être
Voilà mille ans que je tourne la terre
à mes semelles,
mille ans que je cherche mon lieu...
Mon coeur, au soir déjà si vieux,
traître fidèle,
a-t-il posé sa pierre sur les pierres ?
19 octobre 2009
Qu'on nous aime
Est-il rien qui nous appartienne moins
que l'espoir qu'on nous aime ?
Si loin qu'aillent nos ambitions,
nos fièvres de noblesse,
nous est-il un plus intime dessein ?
un plus ancien problème ?
Et si, dans l'âme, nous n'étions
rien que cette faiblesse ?
18 octobre 2009
Pauvres âmes
Qu'il est long, ce chemin des âmes,
à devenir !
où tant de voeux se perdent
qui pleuvent de nos yeux...
Nos promesses même nous blâment
de les trahir ;
cette conscience, acerbe,
qui nous chasse des cieux.
17 octobre 2009
Clandé
J'ai rien dit à personne :
j'avais rangé mon rêve entre deux vérités
aux mines bien austères,
propres sur elles jusqu'aux yeux.
Fallait pas qu'il déconne !
S'il restait là, gentil, nul n'irait se douter
qu'il n'était qu'un faussaire,
un doux dingue parmi les dieux !

























